25 février 2008

Au sujet des compétences du conseil général en matière de circulation, stationnement et voirie

En réponse au commentaire d'un électeur, qui s'interroge sur la compétence des conseillers généraux en matière de circulation, stationnement et voirie:

Bonjour et merci de votre question qui est tout à fait pertinente.
je vous précise que les départements, donc les conseillers généraux, ont compétence en matière de voirie, de circulation et donc indirectement de stationnement, sur toutes les voies départementales.

Or celles-ci sont très nombreuses dans notre département puisque outre la RD 910 (général Leclerc et Edouard Vaillant) et la Route de la Reine que l'on cite le plus fréquemment, il y a aussi la RD 1 (quai du 4 septembre, quais Alphonse Le Gallo, quai de Stalingrad et quai du Point du Jour), le boulevard de la République, l'avenue Jean Jaurès, l'avenue Pierre Grenier, la rue du Château et l'avenue Jean-Baptiste Clément.

Dans toutes ces voies départementales qui encerclent notre ville et la traversent de part en part, le département est maître de tous les aménagements, y compris de la vitesse puisque, par exemple, on ne peut les mettre en "zone 30".

Mon projet est simple : restituer à la commune la maîtrise de ces voies publiques par une convention conclue avec le Département qui transférerait en même temps les crédits correspondants.
Alors et alors seulement, nous pourrons aménager les carrefours, implanter des pistes cyclables, remodeler les trottoirs, entretenir les chaussées et mieux organiser le stationnement.

Je partage le sentiment de ceux qui estiment que la place de la voiture est excessive dans les coeurs des villes, mais j'estime aussi qu'il ne suffit pas de le proclamer, mais qu'il faut organiser des solutions alternatives. Celles-ci passent bien évidemment par le renforcement des transports en commun. Mon projet est de créer une fourche de la ligne 9 du métro pour desservir les terrains Renault, de systématiser les sites propres pour les autobus et d'implanter aux entrées de ville ou aux points d'interconnection des transports publics des parkings de dissuasion pour ceux qui, venant de loin, n'ont guère d'autre solution que d'utiliser leur voiture jusqu'au coeur des agglomérations.

Pierre Gaborit

Concernant la multiplication des tracts électoraux

En réponse à un commentaire d'une électrice concernant la multiplication des tracts électoraux:

Chère Madame,

Je trouve la question que vous me posez très pertinente et j'y réponds volontiers en rebondissant sur votre propos "Il y a mesure et démesure".

En ce qui me concerne, j'ai diffusé en tout et pour tout trois documents et dans le seul canton sud de Boulogne-Billancourt : un tract  21x29.7 recto-verso présentant ma candidature et donnant mes priorités ; puis un tract de même format, mais plié en deux, afin de développer ces thèmes annoncés et surtout ce qui concerne la circulation et les collèges ; enfin un document A5 de 16 pages adressé aux foyers électoraux par La Poste

Nous sommes loin des pratiques d'un de mes concurrents dont vous faites état et qui nous a effectivement gratifiés d'une bonne dizaine de documents et ce n'est sans doute pas fini.

J'ajoute que je n'utilise ni blouson ni ballon et que  je me suis contenté avec ma suppléante, en venant samedi 16 février sur la dalle de forum haut du Pont de Sèvres, d'offrir à ceux qui avaient la gentillesse de venir s'entretenir avec nous, une tasse de chocolat chaud que nous avons nous-mêmes préparé.

S'agissant du financement, les choses sont simples : il y a un plafonnement des dépenses électorales différent selon les types d'élection. Pour le canton sud, ce plafond est de 27.000 € et c'est le candidat qui fait l'avance des fonds, le cas échéant en les empruntant. Il n'est remboursé de ses dépenses que s'il obtient plus de 5 % des suffrages exprimés et dans la double limite du montant de son apport personnel et de 50 % du plafond des défenses électorales, soit, dans le canton sud, 13.500 €. Vous comprendrez qu'avec cela, on ne peut, et c'est fort heureux, que diffuser une propagande limitée, répondant aux stricts besoins de la démocratie élective et sans gaspiller les fonds publics ou dépeupler nos forêts.

J'ajoute qu'il est strictement interdit de mélanger les comptes de campagne de deux élections différentes et que l'une de mes concurrentes devra justifier comment elle a financé des tracts où elle apparaît avec une candidate d'un autre canton et un candidat à la mairie. Indépendamment du mélage des comptes, il y a là un mélange des genres qui personnellement ne me plaît guère car il peut laisser à penser que les candidates aux élections cantonales ne sont pas indépendantes vis-à-vis du candidat à la mairie.

Croyez, Madame, à mes sentiments les meilleurs.

Pierre Gaborit

24 février 2008

RD 910, la prolongation du métro et stationnement sauvage

En réponse à la lettre d'un électeur portant sur trois sujets: la RD 910, la prolongation du métro et le stationnement sauvage.

Cher Monsieur,

Je vous remercie d'avoir pris la peine de m'écrire et réponds très volontiers à votre question.

1.      S'agissant de la RD 910, dès lors que cette voie sera devenue une voie communale, il deviendra possible de l'aménager sans que cela relève de la compétence du département. J'écarte d'emblée l'idée d'un passage souterrain allant de la Porte de Saint Cloud jusqu'au Pont de Sèvres que j'ai fait étudier par les services de l'équipement et qui s'avère impossible à réaliser. Il faudrait creuser sous le tunnel du métro et la nappe phréatique, c'est à dire à 60 mètres de profondeur. Autant dire que les trémies d'entrée et de sortie de ce tunnel se rejoindraient sans qu'il y ait de portion plane. Cela aurait pour effets un coût prohibitif et une circulation dangereuse.

Je pense que la seule option sérieuse est, d'une part, de dissuader les poids lourds d'emprunter cette voie en fixant un gabarit maximum pour n'admettre que des véhicules légers de livraison et d'instaurer un péage urbain automatique (par boîtier électrique) pour les poids lourds légers.La circulation serait ainsi considérablement allégée, notamment à la place Marcel Sembat où les poids lourds ne peuvent emprunter le souterrain existant.

J'envisage, en second lieu, un réaménagement complet de la chaussée avec une séparation centrale tout au long de la voie et un réaménagement du trottoir pour en rendre l'usage aux piétons et utiliser l'espace récupéré pour les circulations douces (vélo).

Enfin, la circulation automobile serait réduite sur toute la longueur de la voie à deux files par sens, alors qu'elle est actuellement, tantôt à deux voies, tantôt à trois voies.

Bien entendu, ceci implique la construction de parkings pour compenser les emplacements supprimés dans les actuelles contre-allées, mais ceci est d'ores et déjà prévu dans le réaménagement du quartier du Pont de Sèvres et devra être complété, notamment si le projet de tram voit le jour.

2.      Concernant la prolongation de la ligne 9 du métro, elle est souvent évoquée en direction de Sèvres, mais elle a peu de chances d'être réalisée, notamment en raison de son coût puisqu'il faut traverser la Seine et parce que la desserte de Sèvres peut parfaitement s'opérer par un transport en site propre de surface, beaucoup moins onéreux qu'une ligne de métro.

En revanche, nous devons saisir l'opportunité de l'existence d'une galerie de métro déjà creusée, située sous les terrains Renault et qui n'est utilisée que pour stocker des rames vides. La prolongation de la ligne 9 du métro à partir de Marcel Sembat est donc possible sans coût excessif, et ce d'autant que construire des stations de métro dans une friche industrielle est infiniment moins onéreux que dans un site bâti.

N'oublions pas qu'à terme, il y aura sur les terrains Renault 20.000 personnes qui habiteront et qui n'y travailleront pas, et 20.000 autres qui y travailleront mais n'y résideront pas. Quoi de mieux que le métro pour faire face à leurs besoins de déplacement ?

3.      Concernant le stationnement sauvage, je sus indigné que dans notre ville la police passe son temps à dresser contravention aux malheureux automobilistes qui sont dans l'incapacité de payer le stationnement parce qu'ils n'ont pas la carte MONEO ou que l'horodateur le plus proche est à des centaines de mètres alors qu'on laisse proliférer le stationnement sauvage, notamment devant les entrées de garage ou à l'angle des rues où cela constitue un vrai danger, ou encore en double file et je pense ici en particulier aux véhicules de livraison.

Je demanderai à la police moins d'activités à but uniquement lucratif pour la commune et davantage de vigilance pour les stationnements qui représentent un danger ou une gêne considérable pour les habitants.

On devra notamment renforcer les moyens de l'entreprise choisie pour l'enlèvement des véhicules les soirs de matchs et de concerts au Parc des Princes.

Merci de votre approbation pour mes propositions d'un relais départemental de la Halde et d'une mise en place d'une ligne régulière de bateaux-bus que j'appellerai volontiers BATOBUS.

Bien à vous,
Pierre Gaborit

Concernant la proposition du rapport Attali de supprimer les départements

En réponse à un mail d'un électeur concernant la proposition du rapport Attali de supprimer les département:

Je vous remercie de votre mail concernant la disparition des départements envisagée par la commission Attali.
Je ne suis pas personnellement favorable à la suppression des départements, malgré l'opinion très répandue selon laquelle il y aurait en France un échelon administratif de trop.

Ce débat a été récemment relancé pour trois raisons :

  • le succès connu par les communautés d'agglomérations a laissé à penser que l'agglomération devenait l'échelon supracommunal le plus pertinent ;
  • l'idée du "Grand Paris" qui semble avoir les faveurs du Président de la République actuel aboutirait nécessairement à la suppression des départements en région parisienne au moins pour la première couronne ;
  • le rapport Attali, dont vous faites état, s'acharne à proposer, dans une surenchère ultralibérale, de faire disparaître tous les échelons intermédiaires sous prétexte de supprimer des freins à la croissance.

En ce qui me concerne, je suis favorable, pour l'Ile de France, à une coopération avec Paris, mais non à la recréation de l'ancien département de la Seine qui ne serait, comme il l'a été lorsqu'il existait, qu'un satellite de Paris dépourvu d'autonomie.

Sur un plan plus général, j'estime que les départements ont un rôle à jouer, mais à la seule condition que les politiques qu'ils mettent en oeuvre justifient leur raison d'être.

A cet égard, et c'est ce qui figure dans mon programme électoral, il y aurait un fort déficit de politique publique si la suppression des départements laissait en deshérence des pans entiers de l'action publique, comme la politique sociale, les collèges, la protection de l'environnement et les liaisons intercommunales.

Si toutefois les départements devaient disparaître, vous vous demandez ce que deviendraient les fonctionnaires et les élus départementaux.

Pour les élus, je ne me fais guère de souci, car la plupart d'entre eux, mais vous savez que ce n'est pas mon cas, cumulent allégrement les mandats, et après tout il ne serait pas malsain qu'ils en aient un de moins pour se consacrer pleinement à leurs autres tâches.

La chose est plus complexe pour les fonctionnaires départementaux car on ne peut se contenter purement et simplement de les redéployer dans les autres collectivités publiques. En effet, ils appartiennent à des services spécialisés qui font sens et je cite par exemple la DDE (direction départementale de l'équipement) ou la DRIRE, compétentes, l'une en matière de réglementation urbanistique et routière,  l'autre, en matière d'environnement. On ne pourrait donc sans dommage "casser" ces services. Mais alors à qui les transférer si l'échelon départemental n'existait plus ?

J'ajoute un dernier point : les départements, créés à l'époque napoléonienne, sont à l'origine un élément de déconcentration des compétences de l'Etat. Ils sont progressivement devenus des éléments forts de la décentralisation et c'est depuis les lois Defferre qu'à la fois, lieu de déconcentration et de décentralisation, l'instance départementale a trouvé un équilibre qui a tout de même le mérite de rapprocher l'administration du citoyen et de réaliser les peréquations qui sont nécessaires dans des territoires où existent de très fortes disparités entre communes.

Bien entendu, les départements peuvent faire beaucoup mieux et, notamment, celui des Hauts-de-Seine.
Le département le plus riche de France doit être aussi le plus juste. Or, ce n'est pas le cas et c'est pour cela je me présente aux élections dans le canton sud de Boulogne-Billancourt.

Pierre Gaborit.